« Trop penser », qu’est ce que cela veut dire ?

Depuis quelques années, l’expression « je pense trop » s’est invitée dans notre quotidien. Popularisée par des livres grand public et les réseaux sociaux, elle est souvent présentée comme la signature d’une intelligence supérieure, d’un HPI (Haut Potentiel Intellectuel) ou d’une hypersensibilité. Cette lecture, bien que séduisante et rassurante, simplifie parfois à l’extrême des vécus pourtant très différents.

Avoir un flux de pensées dense, rapide et imaginatif n’est pas un trouble en soi. Pour beaucoup, c’est un style cognitif tout à fait compatible avec un bon équilibre de vie, apportant de la joie, de la créativité et une belle vivacité d’esprit. La véritable question n’est donc pas tant de savoir si l’on pense « trop », mais plutôt : « Est-ce que mon esprit sait s’arrêter ? ».

Certaines explications possibles

Cela peut être relié à des ruminations, souvent portées vers le passé et aux inquiétudes associées « j’aurais dû dire ça », « j’aurais pu faire ça » etc. Elle donne l’illusion d’une réflexion profonde, mais en réalité, elle ne mène à aucune solution. Ces ruminations entretiennent la culpabilité, l’anxiété et l’épuisement. En parallèle il peut y avoir les angoisses d’anticipation, des idées plutôt portées sur le futur et qui vont chercher des solutions à des problèmes inconnus. Plus la situation est floue, plus le cerveau réclame des certitudes qu’il ne peut obtenir.

Le cerveau ne parvient pas toujours à s’arrêter notamment dans certains fonctionnements. En effet, dans le Trouble de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDA/H), l’esprit se montre extrêmement mobile. Les idées s’enchaînent à toute vitesse, les associations se multiplient, des chansons tournent en boucle. Bien que ce flux ne soit pas forcément négatif, cette errance mentale excessive s’avère épuisante au quotidien et générer une diminution de la motivation à effectuer les tâches quotidiennes.

Dans le psychotraumatisme, ce phénomène s’observe également où le cerveau peut rester figé comme dans un état d’alerte. L’esprit tente d’anticiper constamment le danger à travers des relectures et des scénarios protecteurs provoquant une hypervigilance. À cela s’ajoutent des intrusions (souvenirs, émotions, sensations corporelles) non volontaires, mais provenant d’une mémoire émotionnelle et psychocorporelle qui se réactive malgré soi.

Comment faire pour gérer ces pensées ?

Face à ce débordement, notre premier réflexe est souvent de vouloir contrôler nos pensées de manière rigide, de nous forcer à ne plus penser. Pourtant, c’est un paradoxe bien connu en psychologie : plus on tente de contrôler la pensée par la force, plus elle s’intensifie.

Le traitement de ces pensées dépend d’où elles proviennent. En effet, on ne pourra pas traiter des pensées de ruminations de la même manière que celles associées à un psychotraumatisme. Il est nécessaire de pouvoir cibler une approche spécifique selon les besoins et d’être orienté vers le bon psychologue (TCC, EMDR, prise en charge médicamenteuse, approche intégrative etc.)

Les techniques d’ancrage (relaxation, journaling, ancrage dans le moment présent) peuvent aider à gérer un afflux trop important et vous permettre de vous réguler plus facilement, en parallèle d’un accompagnement psychologique.

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